A la femme la plus courageuse,
Celle qui m'a donné la vie,
Sans doute ai-je été trop dure avec toi. Peut-être n'ai-je pas assez souvent dit que je t'aimais sans jamais penser que tu allais me quitter si vite. Des regrets, oui j'en ai, beaucoup même, que je n'arrive toujours pas à surmonter.
Mais voilà, par la présente je veux te dévoiler mon c½ur de jeune femme et te prouver à quel point tu fus une mère formidable. Toute ma vie tu resteras le modèle auquel je m'efforcerai de ressembler car une mère ne peut être oubliée.
Nous étions le 23 décembre 2003 quand l'on m'annonça ton décès. Seule, j'étais perdue, horrifiée, honteuse de ne pas avoir été à tes côtés. Comment ai-je pu être aussi négligente. Je m'en veux et je suis impardonnable.
Pétrie d'angoisses et de remords mes yeux se noyèrent de larmes et m'aveuglèrent malgré que je m'avançait vers l'hôpital. Enfin arrivée tout me sembla absurde, tellement improbable...
Je m'y refusais d'y croire. Non tu n'avais pas le droit de mourir ainsi et pas ce jour là. Tu m'avais pourtant promis...
J'entrai dans cette chambre portant encore ton dernier souffle. Peinée et mortellement meurtrie je m'avançai vers toi, sans te toucher, osant juste te regarder. Ma mère, encore enveloppée dans sa chaleur m'attendait paisiblement.
Seule face à toi, je me retrouvais seule face à moi. Ce fut un moment qui me glaça et que j'apprécia malgré tout, car je savais qu'il s'agissait du dernier regard que je pouvais poser sur toi.
Je passais la nuit avec toi, attendant qu'il ne s'échappe plus une lueur de vie de ton corps. Je te serrais fort ne voulant jamais te quitter. Partir avec toi, je l'ai voulu, mourir avec toi je l'ai prié... Mais rien ne se passa. Je devais te laisser, te dire adieu et continuer à t'aimer. Continuer à vivre avec ton souvenir, mon devoir de mémoire et transmettre ce que j'avais eu la chance de vivre avec toi à mes deux s½urs.
Parce que je t'aime.
Leïla.
L.MARIR de Semeac
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A toi mon frère,
Il m'a fallut 18 ans et ce concours d'écriture, trouvé par hasard dans un journal, pour avoir le courage de te rendre le droit à la vie dont je t'ai privé. Je ne peux pas me détacher de cette honte d'exister. Comment te dire ce sentiment de vide qui m'envahit, qui me prend à la gorge et me donne envie de vomir et combien vivre me fait rougir.
Je me sens égarée, désorientée, je ne trouve ma place nul part, ni au lycée, ni même au sein de notre propre famille.
Tu sais, je suis rongée par cette impression d'avoir manqué d'amour certains jours. Je me souviens de ces maladies imaginaires que j'aimais m'inventer, de ces scénaris que j'aimais me jouer où l'on me suppliait de ne pas mourir. Mais, d'autres jours, je me sentais comme étouffée, une overdose d'amour, une double ration, comme si je te volais ta part. Je comprend aujourd'hui que ça n'a pas été facile pour maman.
Mon jumeau, on dit ici qu'il est impossible de vivre sans sa moitié alors j'écris égoïstement pour te faire exister. Dans l'étroit ventre de maman il n'y avait pas de place pour deux. Quand elle a voulu l'expliquer à la petite fille que j'étais, elle t'a accusé avec tendresse de ne pas avoir été assez fort dans le combat pour la vie. Aujourd'hui c'est à moi de trouver la force de vivre, avec le poids de ton absence.
Que ces mots te transmettent combien ton souvenir m'imprègne.
Tendrement, ta s½ur.
D. de Lyon
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Le 7 avril 2007 à Lille
Maman,
Autrefois, je t'aurais appelée « ma petite maman chérie » mais le passé est difficile à oublier. En parlant du passé, tu as fait tant de cinéma pour que je naisse, tu as même eu recours à la science.
Aujourd'hui, j'ai dix-huit ans et je lutte pour devenir un adulte, même si j'aimerais être encore cette petite fille si gentille, ayant pour seule amie elle-même mais pourtant si heureuse. Tu ne me punissais jamais, juste quelques claques, de temps en temps, et maintenant tu t'autorises à me punir et me frapper si par malheur, j'ai fait quelque chose qui t'a déplu.
Maman, l'erreur est humaine ! Il faut se tromper avant de pouvoir réussir. Malheureusement pour moi, tu fais la sourde oreille et chaque semaine, tu cherches un quelconque moyen pour me déstabiliser. Je prend beaucoup de plaisir à surmonter les obstacles que tu me tends. Seulement, ce n'est pas de cette façon que tu montres ton amour, tout au contraire, tu deviens pour le monde qui t'entoure et pour moi, l'être le plus horrible, détestable et méprisable que l'on a eu la chance de rencontrer.
Quand d'autres auraient tellement aimé être à ta place et avoir une jeune fille telle que moi pour partager des relations mères / filles, toi, tu cèdes ta place, pour mieux vivre ta vie de femme.
Maman, je t'ai aimé, je t'aime et je t'aimerai probablement encore longtemps, sauf si tu creuses plus profond encore ce fossé qui nous sépare à jamais.
Cynthia : ta fille pour laquelle tu t'es battue.
C.LERICQUE de La Bassee
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Pour toujours et à jamais...
Je tenais les cinq doigts au creux de ma paume depuis plusieurs minutes déjà. Dehors, derrière les doubles vitrages, la pluie nous imposait sa plainte languissante et monotone. Je pouvais percevoir chacune des gouttes qui éclataient sur le béton du parking, comme si elles tombaient sur mon propre corps, le noyant peu à peu sous des sillons ruisselants. Les doigts ne bougeaient toujours pas. La chaleur quittait peu à peu le corps étendu sur le lit, et le bout des mains était déjà presque blanc, de ce blanc qui fait peur, vous savez, quand on s'entend dire qu'on est pâle comme la mort. Qui pourrait être sur que la mort est pâle, personne n'en est encore revenu. Moi je pourrais, parce que je la voie, la mort, s'emparer de cet amas de chair qui est encore un homme. Et elle est pâle. Je repensais à cette même main que jusqu'à hier encore je voyais bouger et qu'aujourd'hui je tiens enfermée dans ma paume, comme pour la protéger. Pourtant jusqu'à ce matin, tout allait bien, tout était normal... Je tournai la tête vers la fenêtre pour cacher mes larmes, même si de toutes façons, il ne pouvait pas les voir. Il avait les yeux fermés, les paupières scellées, peut-être pour toujours ou à jamais.
Ma tête pivota brusquement vers le lit. J'avais cru le voir bouger, mais non, il était toujours bel et bien immobile. Ce n'est qu'au bout d'un moment, au bout de quelques secondes que je réalisai que l'onde qui m'avait traversée provenait du bout de ces mêmes doigts couleurs mort, ils avaient bougé, imperceptiblement, ils s'étaient refermés sur mon pouce. Ce geste, d'une inconscience évidente mais tellement lourd de sens me fit monter des perles salées que je connaissais bien au coin des yeux. Jamais encore il n'avait eu de tels gestes à mon égard. Lui qui était passé maître dans l'art de la pudeur sentimentale, lui qui, parfois, quand je tentais un sourire, y apposait et opposait la dureté de son regard, lui qui me glaçait le sang et me décourageait. Je n'ai plus aucun souvenir de quand il me prenait dans ses bras, et que, du haut de mes trois pommes, je pouvais observer le monde qu'il me décrivait, avec son regard de grande personne. Je ne me rappelle pas d'avoir trouvé cela merveilleux, multicolore comme on le dit dans les livres d'enfants, ni de l'avoir trouvé un jour « quelque chose » en particulier. Le monde c'est ma réalité, mon quotidien. C'est gris et plat comme les HLM de ma cité, avec parfois quelques arbres et quelques sourires, mais c'est rare par chez moi, les espaces verts. Et parmi tout ça, un sourire manquait souvent à la liste. Le sien, malgré les appels. Le sien qui se faisait tellement rare que j'en oubliais presque sa couleur. J'aurais pourtant parié tout qu'il était magnifique, ce sourire. Il ne se montrait jamais, mais je sais que la froideur et la rigueur de son visage étaient des masques pour cacher le manque. Il manquait d'amour. Je me rappelle un jour, pour sa fête, je lui avais offert une rose, parce que la rose, c'est la couleur des c½urs et de l'amour, et que du haut de mes sept ans et demi, j'avais voulu montrer à cet homme muet combien il comptait pour moi. Une rose à dix pétales pour pouvoir jouer à « Je t'aime autant qu'il y a de pétales » et tomber forcément sur « Je t'aime... à la folie ». Mais il s'était trompé. Il avait inversé « pas du tout » et « à la folie » dans la chanson, alors il est tombé sur « pas du tout ». Il avait posé brusquement la rose sur la table et elle était restée là peut-être plus qu'une semaine. A la fin, elle avait séché. Je l'ai encore. Il manquait d'amour. Pourtant, il en avait eu, beaucoup, comme tout le monde pourrait rêver en avoir, mais il n'avait jamais su le rendre. A personne, pas même à une femme, pas même à elle. Et pourtant Dieu sait comme il l'aimait et comme il avait souffert pour elle. Elle était son autre, son devenir, sa raison. Et moi, j'étais là aussi, et moi non plus, je ne l'avais pas eu, cet amour. Je sais qu'il aurait voulu nous le donner, mais qu'il ne pouvait pas. Il ne savait pas comment faire, il était trop maladroit. Expliquez-moi, dites moi pourquoi on s'attache toujours aux gens qui ne vous montrent jamais qu'ils vous aiment ? Moi qui ai si souvent cru que je le détestais, aujourd'hui j'ai compris que je l'aimais de toute mes forces, autant qu'il est possible d'aimer quelqu'un qui a laissé mourir votre rose, aussi intensément que permis. Et il m'a fallu attendre de le voir mourir pour m'en rendre compte. Il m'a fallu attendre de le voir allongé sur une couche blanche et impersonnelle, pour que je comprenne que toutes ces années ou je croyais le détester, je l'aimais. Il n'y a pas d'amour sans haine ni de haine sans amour, mais la différence est tellement mince... Et dire que je ne lui ai jamais dit que je l'aimais, qu'il était plus pour moi qu'un homme banal, qu'il était « celui qui », et que pour moi, c'était le plus important... Et moi qui croyais naïvement que je montrais facilement mes sentiments aux gens, je venais de me rendre compte que pendant toutes ces années je m'étais crue l'auteur de quelque chose que je n'avais jamais vraiment su faire. Et que lui, si inoffensif à présent, muet peut-être pour l'éternité, pour toujours et à jamais, il me regardait de ses paupières closes, et pourtant je pouvais lire dans son regard, qui avait été azur un jour, qu'il ne m'en avait jamais voulu, parce qu'il avait compris, qu'il était « celui qui » et que ces hommes là comprennent toujours sans qu'on ne dise rien. J'aurais tellement aimé le dire à un autre « lui » que cet homme allongé à mes côtés. J'aurais tellement aimé qu'il ouvre les yeux une dernière fois pour me laisser le temps...
J'ai à nouveau senti cet onde qui me faisait frissonner, je l'ai senti bouger. Aussitôt mon c½ur s'est serré, j'avais espéré tellement fort avoir le temps... Ses doigts se sont refermés encore un peu plus sur mon pouce. Très lentement, il a ouvert les yeux, de quelques millimètres, mais assez pour que je sente son regard me fixer, sereinement. Il n'avait pas peur. Il savait, et il ne redoutait pas.
« Papa ? » il ne bougeait pas, il se contentait de me regarder, parce qu'il savait.
« Papa, je t'aime »
Alors il a fermé les yeux, pour toujours et à jamais.
P.GOFFIN de Orgerus
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Mon amour,
Je t'ai aimé dès les premiers jours, nous nous sommes rencontrés il y a maintenant cinq ans.
Au début c'était le bonheur, nous nous aimions et vivions heureux, puis j'ai accepté de t'épouser mais très vite ça a dégénéré, tes baisers se sont changés en coups et tes mots d'amour en insultes.
Lorsque je suis tombée enceinte, tu m'as soupçonnée de te tromper et quand j'ai perdu le bébé, tu m'as dit que je l'avais fait exprès !
Tu m'as interdit de voir mes amies, tu me soupçonnais tout le temps d'avoir un amant, tu m'as obligée à quitter mon travail car j'avais peur que quelqu'un ne découvre mes bleus.
Tu me battais tous les jours mais personne ne le savait, tu menaçais de me tuer. Je vivais dans la peur, j'avais peur de toi.
Malgré toi, je m'évadais quand tu me maltraitais, je partais loin de toi, dans mes pensées. Je n'osai pas le dire, j'avais honte ! Je pensais que c'était ma faute mais j'ai enfin trouvé la solution grâce à toi, tu m'as sauvé de toi par cet acte, tu m'as libéré de ton emprise, je ne souffrirai plus jamais et toi non plus.
En essayant de nous tuer tous les deux, tu n'as pas réussi, la mort ne voulait pas de moi, en revanche toi, tu n'as pas survécu et maintenant je suis de nouveau libre !
Mais malgré toutes les souffrances que tu m'as infligées, je ne peux pas m'empêcher de t'aimer, je t'écris cette lettre car je viens de me réveiller du coma où tu m'as plongé en me frappant pratiquement à mort avant de te suicider. Je t'écris pour oublier et retrouver ce que tu m'avais volé : la liberté !
H.LINGEE de Reims
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20 Décembre 2006
Mon petit homme.
Ne pleure plus, Maman est là, Maman veille.
Tu vois mon petit, la vie est ainsi : Des hauts et des bas qui s'imposent, qui se rencontrent, qui se succèdent et qui s'égarent. La vie n'est pas toujours juste et encore moins heureuse.
Ecoute mon petit ange ce que maman a à te dire.
Je suis si triste que tu sois parti, j'ai le c½ur gros par ton absence et je n'ai pas la patience d'attendre plus longtemps. J'ai fermé les yeux sur le mal qui te frappait, je me suis persuadée, et non sans peine, qu'une guérison miracle allait survenir au petit matin. Il n'en est rien et le destin finit toujours par rattraper le temps.
Tu es né pour partir, moi pour te survivre, mon enfant, je serai bientôt à tes côtés.
Hier encore je serrais ton petit corps innocent contre ma poitrine et l'amour qui nous unissait te rendait intouchable, il semblait...
Vois-tu mon bébé, la maladie est bien maligne et parfois elle a raison des docteurs et des traitements. Parfois, on ne peut pas la stopper, tout ce que l'on peut, c'est attendre, attendre qu'elle finisse son travail, attendre qu'elle t'arrache des bras de ceux que tu aimes.
C'est ça l'injustice de la vie : Personne n'est à l'abris du cancer.
Et je hais le cancer.
J'ai posé un bouquet de coquelicots sur ta table de nuit. Ta chambre est bien triste sans toi, tes nounours te demandent. Papa a tout juste fini de réparer ta luge, il voulait absolument la terminer, maintenant elle attend au garage.
Même la neige, cet hiver, a un goût de poison. Les rues sont sales sous l'effet des saleuses, tu n'aimerais pas les voir et puis la vue est certainement plus belle de là-haut.
En cette semaine qui précèderait ton quatrième Noël, je crois bien que l'envie me tire vers le ciel. J'en veux à Dieu pour ta maladie et je m'en veux pour ton agonie. Mais que dis-je ? Tu es déjà parti !
Ma peine redouble.
Oh, mon doux petit, tu dois être perdu dans ce grand royaume.
Je n'ai pas la droit de te laisser tout seul. Aucun parent n'a le droit d'abandonner son enfant de la sorte. Ne t'inquiète pas, c'est terminé : Maman part te retrouver. Puisse tout mon amour te parvenir et quand je déposerai cette lettre au pied de ta petite sépulture, tu seras sûr, mon ange, que maman ne tardera plus à arriver.
Je t'aime.
Ta maman.
J.WAECKERLI de Seppois-le-haut
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Paris, le 8 juillet 2007
Mon aimé,
Chaque jour un peu plus, je me languis de toi. J'espère te voir bientôt revenir car cette lettre pourrait bien être la dernière. Ici, la censure a pris ses quartiers dans l'esprit de chacun. Nombre de livres ont été brûlés et les autorités ont été jusqu'à saisir le journal intime que j'avais conservé de mon enfance. A présent, le gouvernement compte contrôler chaque lettre voire d'interdire toute communication écrite, et je redoute avec la peur que tu me sais la fin de notre correspondance.
Quant à ta mère, je ne te cacherai pas qu'elle a été très affectée par ces récents changements. La police l'a obligée à rester chez elle afin qu'elle ne divulgue pas ses idées « anarchistes ». Je veille donc plus que jamais sur sa santé, mais je pense que ta présence à Paris constituerait pour elle un plus grand réconfort. Pour ma part, tu te doutes que je ne pouvais plus subsister avec mon métier d'auteur. Par conséquent, on m'a affecté à un poste de comptable dans une entreprise de vidéosurveillance. J'ai malgré tout tenté de poursuivre l'écriture de mon roman sur le théâtre, mais hier, lors de la perquisition hebdomadaire, l'agent de l'UC (unité de censure) a trouvé le document et je n'ai échappé que de peu à la prison ! J'ai l'impression qu'il ne reste plus grand chose à espérer de cette ville, et quand je vois nos libertés ainsi s'évanouir, la peur me noue la gorge.
Et voilà qu'un nouvel autodafé vient poser sa lumière ambrée sur ma feuille. Quand je pense que l'un de mes livres se trouve peut-être dans ce brasier. Ces volutes de fumée sont un déchirement pour moi !
Je prie pour que mes larmes soient autant de preuves d'amour qui t'inciteront à nous rejoindre. Ton absence ajoute à ma tristesse et à ma douleur, tout comme cette menace qui plane sur notre échange épistolaire ! Je n'en dirai pas plus maintenant que l'Etat a la main mise sur nos lettres.
Je t'aime comme le plus beau des romans et j'attends avec une impatience grandissante de te voir à nouveau. Porte toi bien, et ne laise JAMAIS personne décider à ta place.
Ton Emma
E.HOLLENWEGER de Chartrettes
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Mon cher et tendre amour,
Je t'écris ces quelques lignes pleines d'amertume et de regrets. Je regrette de ne pas t'avoir parlé avant, pourtant maintes fois j'ai essayé, mais sans jamais y parvenir. L'exquise vision de ton doux visage m'entraîne dans un tendre voyage, chacun de nos regards fait fondre le mien ; avec un simple baiser tu sais faire chavirer mon c½ur. Tu m'as fait connaître le bonheur, le vrai et je t'aimerai pour l'éternité, je te le promets. Mais c'est trop dur, je n'y arrive plus, je ne peux plus faire comme si rien n'avait existé, je ne peux plus voir mon reflet dans un miroir, plus j'essaie d'oublier plus il hante mes pensées. Il m'a détruit, il m'a anéantie, il ne s'est pas soucier de ce qu'allait devenir ma vie. Il a profité de moi sans remords, après avoir souffert j'ai regardé le ciel, il ne me paraît plus le même parfum et la vie n'a plus le même goût, j'ai compris que plus rien ne serait comme avant. Saches qu'il a peut-être volé mon corps, mais mon c½ur lui, il t'appartient à jamais. Mon âme meurtrie et souillée cherche désespérément un coin de paradis, là-haut je retrouverai le bonheur.
Je te demande pardon, pardon de ne pas te l'avoir dit, pardon de ne pas avoir été assez forte. Ne m'en veut pas, ne me déteste pas. S'il te plaît pardonne moi et apprends à vivre sans moi. Ce n'est pas moi, c'est lui qui m'a tué. Et si tu m'aimes aussi fort que ce que tu le prétends, je t'en prie oublie notre promesse ne me rejoins pas. Ce n'est pas un adieu, juste un au revoir, je serai là-haut je t'attendrai, je veillerai sur toi, je t'aimerai au-delà de la mort.
Pardonne-moi.
Je t'aime.
M.BASSEZ et J.THAURIN de Marseille
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Belle inconnue
Ton histoire est l'une des plus riches que le monde est connu. Tu t'es vue grandir au milieu des batailles plus sanglantes les unes que les autres. Tes contours se sont dessinés au fil de tes conquêtes et des convoitises de tes voisins les plus proches. Malgré les tentatives d'intimidation à répétition et des contraintes par la force, tu as toujours su garder ta dignité et ta force.
Tes enfants ont toujours donné le meilleur d'eux afin de défendre tes idéaux contre n'importe quelle attaque d'extrémistes. Tu vois l'égalité pour tous tes enfants et qu'importe leurs appartenances ethniques ou communautaires, ils sont tous pour toi, avant tout, des frères.
Tu combat l'extrémisme sous toutes ses formes, que se soit aussi bien sur le plan religieux, que sur le plan moral. Pour toi, la seule chose à laquelle tes enfants ont le droit de croire, c'est en leur foi intérieure et qu'importe où ils trouvent leur réponse, du moment que cela apporte la paix et la prospérité pour les tiens.
Tu es la seule à avoir comprise que ton avenir repose sur la jeunesse de tes enfants et non pas sur les désirs passés de tes aïeux. L'avenir a besoin de poumons neufs et de forces nouvelles, si tu veux atteindre le point culminant de ton pouvoir.
Tu te sens brûler de l'intérieur lorsque certain de tes enfants sont pris en aparté par des personnes qui n'ont jamais su saisir durant toute leur vie ta véritable personnalité. Ton épanouissement et ton savoir sont apportés dans une multitude de domaines que tu t'efforces de promouvoir dans l'air du temps.
Ton accueil et ta chaleur humaine sont perçus dans le monde entier et pour quantités de terriens tu es comme un eldorado.
Ne sois pas triste car demain sera un jour meilleur et alors tu retrouveras toute ta puissance et ta splendeur, ma douce France.
E.LEDUC de Le Palais sur Vienne
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Pour mon petit ange, qui s'est envolé il y a 10 ans...
A Lexane...
Cette année, ça fera 10 ans que ton âme d'enfant s'est envolée, loin des errances de notre monde, loin des souffrances qui déchiraient ton corps fragile... Loin des douleurs de la vie, inutiles. La vie a fait que ton petit corps d'enfants a perdu contre l'épilepsie, la maladie est venue à bout de ta force, et ce n'était pas faute de t'être battue... La vie est telle que les gens souffrent parfois, de douleurs éternelles, invincibles, mais les gens qui connaissent ça et qui ont eu la chance de s'en sortir savent qu'on ne s'en remet jamais, au fond, on apprend à vivre avec ces départs imprévus que les faire-part de journaux appellent « décès »...
On n'a pas le droit d'en vouloir aux autres paraît-il, alors on trouve autre chose, moi j'en ai voulu à Dieu, paraît que je n'avait pas le droit non plus...
Les gens parlent d' « attardés », mais je ne les laisserai jamais faire
Et si je dois rester seule, pour une éternité, face au reste du monde, pour te défendre, je le ferai, sans hésiter une seconde, jusqu'à ma mort...
Et je jubilerai, le jour où, écrasés par les remords, ils retireront leurs paroles, le jour où, sous l'étreinte des regrets, ils se rouleront à terre, comme on implore un seigneur, pour le pardon de leurs erreurs...
Ta force dépasse celle des gens qui, attirés par des bonheurs futiles, n'auront jamais rien compris
Ton courage dépasse celui de ceux qui, obsédés par des bonheurs invisibles, n'auront jamais rien compris
Et si une personne aveuglée par l'amour du pouvoir ose me défier
Si quelconque humain aveuglé par la passion de la gloire ose se mettre en travers de mon chemin
Il goûtera à la furie d'une s½ur révoltée, il subira ma colère, ma haine contre ces gens qui n'auront jamais rien compris, ma haine passée contre la vie et ses injustices, ma colère contre ceux qui croient que la vie se limite à l'argent ou au pouvoir... Et, je t'en fais la promesse, je continuerai à te venger, contre les regards de dégoût qu'ils t'ont lancé, ceux qui n'auront jamais rien compris... Je me servirai de ce qu'ils croient ta faiblesse, pour les faire regretter l'ivresse de la méchanceté...
F.REBETEZ de Apt